Une journée comme les autres

La Pocatière, le 26 mai 2015

Lorsque je me suis réveillé vers six heures, j’avais plein de choses qui me trottaient dans la tête. Lorsque j’ai finalement regardé l’heure, il était presque sept heures moins dix. Mon plus jeune n’était pas encore debout, contrairement à son habitude. Il est finalement arrivé en haut et m’a demandé une crêpe. Je me sentais alors seul, me disant que ça allait redevenir comme ça, me lever le matin de ma fête et faire la même routine, comme d’habitude, comme si de rien n’était.

Ça m’a rappelé mes matins et soirs de fête, lorsque je vivais seul, il y a longtemps. Une journée comme les autres. Les larmes me sont montées aux yeux. Je suis allé pleurer dans ma chambre quelques instants, puis je me suis relevé et j’ai repris la routine. J’ai préparé le café, le cœur lourd. J’avais hâte que les enfants soient partis à l’école pour sortir moi-même de la maison et aller déjeuner, seul.

Tout le monde aimerait manger entouré d’amis le jour de sa fête. J’ai le goût d’être seul présentement. Manger tranquillement et écrire un peu. Juste avant de partir pour le resto, ma belle-sœur m’a appelé pour me souhaiter bonne fête. C’était gentil. Ça m’a fait du bien de lui parler un peu. Je sais qu’elle ne prend pas de côté dans notre situation. Elle est une personne sage, que j’admire beaucoup et qui donne de bons conseils. S’il existe une personne honnête, capable de dire aux gens ce qu’ils ont besoin d’entendre – pas seulement ce qu’ils veulent entendre – c’est bien ma belle-sœur.

Ça me fait du bien de m’asseoir et manger sans presse, même si je ne suis pas accompagné. C’est un moment à moi. C’est bien parfois avec d’autres gens mais présentement, à l’instant même, c’est un moment où j’apprécie ma solitude. En même temps j’aimerais partager ce moment, car on dit que les plaisirs de la Vie sont meilleurs lorsqu’ils sont partagés. Évidemment je ne serais pas capable d’écrire ces lignes en mangeant si j’étais en compagnie d’une autre personne. Chaque chose en son temps donc.

Ce qui est bien c’est d’avoir le choix; ne pas sentir la pression de socialiser quand on n’en n’a pas le goût, sans avoir de remords car on est resté seul. Le choix, la liberté de faire ce qu’on veut, sans avoir à se justifier. En autant que ça se fasse dans le respect et la compréhension mutuels. Aujourd’hui je ne veux pas de cadeaux; je ne veux rien de matériel. Je désire juste avoir un peu de paix intérieure. Et je lui souhaite la même chose : De la paix. Que cette paix se transmette aux enfants et qu’ils arrivent à relaxer pendant cette période de tourmente.