Cours obligatoire

La Pocatière, le 25 mai 2015

C’est ma fête bientôt et je ne suis vraiment pas en air de célébrer. Je n’ai jamais été fort sur la célébration de mon anniversaire, mais là c’en est un que je voudrais simplement oublier. Est-ce que je peux tout oublier, éviter de me rappeler cette période de ma vie? Je sais que je grandis en ce moment, j’apprends des leçons fondamentales de la Vie. Mais c’est une période d’une telle souffrance que je voudrais oublier en tant qu’épisode, pour seulement en retenir les apprentissages.

C’est un peu comme un cours obligatoire mais qu’on déteste en même temps, même si on le sait d’une importance primordiale dans le curriculum. Ou encore un cours important, mais tu te rends compte que tu es seul en classe. Je prie pour avoir des journées « normales », mais on dirait qu’il se passe tout le temps quelque chose pour tout faire déraper.

Elle a hâte d’être partie, mais je souhaite qu’elle reste à la maison jusqu’à la date prévue de son départ, même si c’est difficile. Il me semble que ce n’est pas trop demander; c’est juste pour aider les enfants à maintenir une routine, jusqu’à la fin des classes. C’est sûr qu’on a tous les deux besoin d’espace pour respirer d’ici là. Et ça demande un effort de part et d’autre.

Au moins, je parviens à prendre un moment pour m’asseoir et siroter mon café en écrivant quelques lignes. Ce n’est pas facile, avec les enfants qui ne filent pas bien aujourd’hui. J’ai réussi à venir m’asseoir dans mon café préféré. Ça me fait du bien d’être dans un endroit tranquille, mais où il y a quand même quelques personnes autour. Ça me fait sentir moins seul, même si je ne parle à personne, à part quelques mots échangés avec la serveuse lorsqu’elle m’apporte du café.

Je m’accroche à ces quelques moments de tranquillité avant de retourner dans le stress du quotidien. Hier j’ai réussi à prendre du temps pour moi en allant marcher à la Montagne du Collège. J’ai trouvé un coin tranquille pour pleurer seul. Puis j’ai marché, lentement, à un rythme presque contemplatif. J’essayais de me plonger dans le moment présent. J’y suis arrivé, du moins pour quelques instants. Ça m’a fait beaucoup de bien. J’aurais voulu que toute la journée soit comme cela.

Les arguments que j’apporte aux discussions, les nuances et les intentions dans ce que j’exprime, sont souvent un coup d’épée dans l’eau. Certaines personnes analysent les choses en dualité : noir et blanc, tout ou rien. D’autres ont un regard qui distinguent l’ensemble des éléments dans toutes leurs nuances et en considérant toutes les variables. Ces deux façons de voir une situation sont difficiles à réconcilier et rendent la conversation ardue. Mais on n’est pas obligés d’être toujours d’accord. Et si on n’est pas d’accord, ça n’empêche pas de fonctionner et de garder un respect mutuel.

L’important c’est que je fasse de mon mieux et que je sois en paix avec moi-même, peu importe son opinion et ce, peu importe le sujet de discussion. J’apprends à vivre avec mes pensées et opinions, en paix avec moi-même. J’apprends à la dure; ce n’est pas facile mais j’y arrive de plus en plus chaque jour. Pour l’instant, je focalise d’abord et avant tout sur le bien-être et le moral des enfants. C’est mon seul objectif quand vient le temps de discuter.