Observer le fleuve et les gens

Québec, Promenade Champlain, le 17 mai 2015

Je marche seul le long du fleuve et je tente de relaxer un peu. J’aimerais tellement relaxer en compagnie de quelqu’un d’autre. J’arrive à ne pas trop penser à ce qui s’en vient, je tente de ne pas faire de plan – même pas pour la journée. Je ne sais même pas quelle direction je vais prendre tout à l’heure.

Des enfants s’amusent avec leur mère et leur grand-mère à côté de moi. J’aimerais pouvoir faire la même chose avec les garçons, sans penser à la solitude de mon cœur. Plein de gens marchent, font du vélo, en couple ou en famille avec leurs enfants. J’aurais aimé en profiter plus avec elle et les enfants, avant qu’elle me quitte. Maintenant tout est différent; ça ne sera plus jamais pareil. J’espère que des moments de bonheur sont à venir bientôt pour moi, je l’espère très fort – peut-être trop fort même. C’est dur de vivre ma vie seul sans me soucier de ça, pour que ça vienne tout seul.

Cette petite famille a du plaisir. Les enfants s’amusent de bon cœur et rigolent avec leur mère à côté de moi, à l’autre extrémité de la table où je suis assis. Je ne les connais pas mais je suis content pour eux. Je les ai même encouragés à s’amuser quand la madame était un peu embarrassée du bruits que ses enfants faisaient. Je leur ai dit gentiment, avec le sourire, que c’était correct. De les laisser être des enfants et s’amuser. J’aurais voulu faire pareil avec mes propres enfants, être plus décontracté et m’en faire moins.

Je suis content pour ces gens. Je leur ai offert de prendre leur petit groupe en photo. Ils étaient bien contents eux aussi. Ils ont mis un peu de couleur dans ma journée. Le petit garçon avec eux est venu me voir et m’a demandé s’ils étaient trop tannants. Je lui ai répondu que non, qu’ils s’amusaient et que c’était bien correct. Ça l’a fait rire et il m’a dit que j’étais le premier monsieur qui leur disait cela! Sa mère a bien ri elle aussi. Ces gens que je ne connais pas m’ont aidé à réaliser une belle leçon sur le moment présent. Je ne les reverrai peut-être pas, mais ils étaient là au bon moment.