Les hamsters

La Pocatière, le 21 mai 2015

Quelques instants de moment présent ici et là, j’arrive parfois à en trouver. Mais mon cerveau est toujours en pleine ébullition et les moments d’angoisse ne sont jamais bien loin. Tant de choses à planifier, tant d’inconnues, tant d’incertitudes qui me trottent dans la tête. Ça me prend de gros efforts pour faire arrêter les hamsters. Mais je n’ai vraiment pas beaucoup de motivation pour faire des choses concrètes, particulièrement le travail printanier autour de la maison. Tout me semble une montagne; je redoute les embûches, les imprévus, tout ce qui ne fonctionne pas comme prévu.

Hier soir, je devait simplement aller chercher du lait à l’épicerie et ça me pesait. J’étais brûlé de ma journée et démotivé. Il faut dire que les deux heures de médiation, même si nous avons fait des progrès, ont été stressantes. J’ai été capable de démontrer une attitude calme, mais j’étais nerveux à l’intérieur; je voulais m’assurer de parler avec diplomatie, logiquement et de façon cohérente. J’y suis quand même arrivé. Mon expérience professionnelle y a été pour quelque chose, car parfois la situation me rappelait certaines réunions lorsque j’étais dans les Forces. Sauf que là c’était très personnel. J’espère que ça va continuer à bien se dérouler, malgré les désaccords inévitables.

Malgré cet espoir, la cohorte de hamsters dans ma tête est à l’œuvre. J’aurais bien besoin de confier mes états d’âme à quelqu’un, de partager ce que je ressens et de sentir une écoute empathique. Avoir une épaule pour appuyer ma tête et pleurer en silence, me faire serrer dans les bras de quelqu’un juste pour me réconforter. Mais personne dans ma vie ne peut m’offrir ça. C’est comme trop demander à la Vie. C’est comme espérer l’impossible. Tout le monde me dit d’être patient, que ça va arriver « quand ça va être dû pour arriver ». Je ne sais pas qui tu es, ni où tu es, mais je prie pour te trouver très bientôt, chère âme sœur.