Promenades et déambulations de l’esprit

Beaupré, le 16 mai 2015

Petite randonnée au Cap Tourmente ce matin. C’était bien agréable et j’ai vu de belles choses, des oies blanches, de tas d’autres oiseaux ainsi qu’une maman ourse avec ses deux petits. J’ai réussi à profiter du moment un peu, malgré le fait que par bouts la solitude me tiraillait. Même nous avions visité cet endroit au tout début de notre relation, je me sentais confortable avec ça. Je m’en rappelais comme un bon souvenir, sans amertume. Mais presque tout le monde que j’ai croisés étaient en couple, en famille ou entre amis. J’étais seul et j’aurais voulu partager ce moment.

Il n’y a personne que je puisse vraiment aller visiter; pourtant je voudrais être avec quelqu’un pour parler. Je me demande combien de temps va passer avant que je rencontre quelqu’un et ça me décourage, étant donné que j’ai été seul tellement longtemps avant de la rencontrer. Je me force à faire mes choses et à endurer la solitude, en me disant que ça va passer, mais ça fait encore mal.

Quand j’étais seul avant de la rencontrer j’ai fait tellement de choses, de voyages et d’activités seul, en me disant à chaque fois que c’était peut-être l’occasion où je rencontrerais quelqu’un.  J’ai cependant vécu tant d’espoirs déçus qu’aujourd’hui je suis découragé à la perspective de vivre ça encore. Ça me donne le goût de pleurer, ça me déprime. Je vois du monde en couple, en famille, et je me vois seul. Je me demande quoi faire; je ne sais plus quoi en penser.

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Québec, Parc Jeanne d’Arc, le 16 mai 2015

Après avoir diné tard, je me suis rendu au centre-ville de Québec. Je voulais me promener en voyant du monde, mais marcher seul en ville alors qu’elle et moi avions l’habitude de le faire ensemble m’a paru vide. J’aime quand même marcher à travers les rues de Québec. Je ne veux pas m’empêcher de le faire à cause de la nostalgie du temps que j’y ai passé avec elle. Mais je dois l’avouer, je ruminais ces souvenirs et ça m’a découragé. J’aurais bien aimé croiser quelqu’un, n’importe qui que je connais, et jaser un peu. Cet espoir de faire une rencontre fortuite, je le connais bien après tout ce temps passé seul avant de la rencontrer.

Maintenant que j’ai presque terminé ma tournée et que la journée s’achève, je ne sais même pas ce que je vais faire ce soir. Je ne sais pas quelle direction prendre. J’ai le goût de ne pas être seul, mais je ne sais pas qui aller voir. Je voudrais avoir un signe d’encouragement. J’essaie de profiter du moment présent. Je me suis même gâté depuis hier, mais la solitude et le sentiment d’abandon me harcèlent sans relâche! Je suis assis seul sur un banc dans le parc. J’ai encore cet espoir irréaliste qu’un miracle se produise et que je fasse une rencontre imprévue; ou qu’à tout le moins mon téléphone sonne et qu’une opportunité se présente. Quelle désillusion que de nourrir de tels espoirs. Combien de temps me reste-t-il à attendre?