Morceaux de vrais moments présents

La Pocatière, le 14 mai 2015

J’ai joué pour la première fois au soccer depuis des années ce soir. Je ne suis plus en forme, ma technique laisse beaucoup à désirer, mais j’ai réussi à me concentrer sur le moment présent et à en profiter. Cependant, vers la fin de la partie j’étais brûlé. Lorsque je me suis arrêté et que je me suis assis pour enlever mes souliers à crampons, j’ai ressenti la solitude. Le sentiment d’abandon m’est revenu. J’ai pensé à elle un instant, mais c’était plus une solitude générale que je ressentais; pas nécessairement l’envie d’être avec elle.

Lorsque je suis arrivé chez mes parents pour aller chercher les enfants, le « crash » est arrivé. Je me sentais angoissé et seul; je me suis mis à pleurer. Je me suis à nouveau senti terriblement seul et abandonné, mais je ne pensais plus à elle vis-à-vis moi. J’étais triste, entre autres, parce que les enfants s’ennuient. Mais lorsque Cédric est revenu du parc, il était de bonne humeur et ça m’a réconforté. Et lorsque nous sommes arrivés à la maison ça allait beaucoup mieux.

Plus tard elle a appelé à la maison pour parler aux enfants et nous avons discuté un peu, mais je me suis limité aux détails concernant les enfants, leur horaire et les plans pour la fin de semaine. Je n’ai pas senti le besoin de lui parler de ce que j’avais fait, à part mentionner la partie de soccer et que j’avais été occupé avec mes rendez-vous, mais sans aller dans les détails. Je ne voulais pas lui en parler, comme j’aurais fait avant. J’avais le goût de me détacher.

Plus tard en soirée, mon plus jeune fils et moi avons partagé un beau moment en parlant, assis sur le divan du salon. Il me racontait qu’il était à l’aise avec les examens à l’école, qu’il aimait ça même! Il m’a dit qu’il essayait de profiter des choses qu’il faisait et qu’ainsi, le temps passait plus vite pour arriver à la fin de semaine. Quand je lui ai dit que c’était une bonne idée, il m’a dit qu’il s’efforçait d’aimer les choses qu’il faisait et de profiter du moment. Je lui ai alors dit que c’était pour ça que j’avais sorti ma flûte traversière et que je pratiquais, et aussi pour ça que j’avais commencé à jouer au soccer.

Il m’a alors dit quelque chose qui m’a surpris. Il m’a dit que je n’étais plus la personne « normale » qu’il connaissait avant. Quand j’ai voulu lui expliquer que la façon que j’étais avant n’était pas nécessairement « normal », mais plutôt comment il me connaissait avant, il a immédiatement renchéri en s’exclamant : « Je sais! Je sais! C’est comme si avant tu étais ton faux toi et maintenant tu es ton vrai toi! ». J’ai eu un frisson dans le dos. Je lui ai dit : « Wow, c’est fantastique ce que tu viens de dire ». Je l’ai serré dans mes bras en lui disant que je l’aime.