Début d’acceptation

La Pocatière, le 7 mai 2015

La solitude me ronge. Je n’arrive pas à accepter d’être à nouveau seul. Je me sens abandonné et mon cœur ressent un vide. La présence des enfants me rassure, je veux aussi être là pour eux, mais je me sens tellement vide. J’ai été seul avant et j’ai souffert de la peur du rejet pendant tant d’années. Je redoute cette solitude par-dessus tout. C’est une crainte qui m’envahit et j’ai peur d’être seul encore longtemps. Le deuil de notre relation me fait mal et je ne sais pas comment garder espoir de retrouver une âme sœur un jour.

Je me sens seul. Oui, les enfants sont là, oui mes parents ne sont pas très loin, oui j’ai réussi à trouver de l’aide. Mais ça ne remplace pas sa présence près de moi. Ça ne remplace pas le sentiment que l’amour me faisait ressentir. Ça me semble injuste. Les enfants souhaitent que ça ne soit pas arrivé  mais ils ne peuvent rien y faire, pas plus que moi non plus. On leur a toujours dit qu’ils étaient chanceux d’avoir un papa et une maman qui s’aiment. Aujourd’hui, ces belles paroles ne veulent plus rien dire.

Nous avions traversé des épreuves en s’aimant et en s’appuyant mutuellement. Pas cette fois-ci. Peut-être que notre relation était chancelante. Peut-être que mon anxiété a eu un rôle à jouer, mais je n’admets pas que ça soit la cause principale. Tout ce que j’ai donné de tout cœur à notre couple et à notre famille se retrouve anéanti et je me retrouve seul au milieu des décombres. Pourtant, je ne lui en veux pas. Une partie de moi sait qu’elle est partie chercher son bonheur. C’est juste que mon cœur ne comprend pas encore et n’arrive pas à l’accepter.

Dans ma tête, j’ai commencé à faire un bilan de notre relation. Effectivement il y a des choses qui n’allaient pas. D’autres choses que mon anxiété. L’anxiété, c’est seulement une des explications. L’anxiété à elle seule ne justifie pas la rupture. Et ces choses qui n’allaient pas, ce n’est pas juste moi, ni juste elle. C’est beaucoup plus fondamental. C’est dans la façon qu’on est faits, dans ce que nous sommes. Peut-être que continuer notre relation n’aurait pas été bénéfique à long terme, ni pour nous ni pour les enfants. Peut-être que nous étions dus pour nous séparer un jour.